Mot du Président

Chers amis,

 

Le Conseil Représentatif des Associations Franco-Vietnamiennes de France (CRAFV) est né officiellement le 1er Septembre 2016.

 

Sa naissance a été précédée d’une réflexion approfondie quant à son utilité qui était loin d’être évidente.

 

En effet, la communauté des Français d’origine vietnamienne est un modèle d’intégration qui ne pose pas de problème à la communauté nationale. De plus, il existe déjà de nombreuses d’associations regroupant les meilleurs d’entre nous, qu’ils soient chercheurs, médecins et autres professions médicales, chefs d’entreprises, sans oublier ceux qui militent activement dans des associations à but humanitaire.

 

Alors, pourquoi le CRAFV si tout allait si bien? Ne risquions-nous pas, en nous regroupant à raison de nos origines,  de verser dans le communautarisme qui fragmente la société française plus qu’elle ne la soude ?

 

Les institutions républicaines, les valeurs qui fondent le pacte républicain n’étaient-elles pas suffisantes pour garantir une relation harmonieuse entre les Français de toutes origines, de toutes confessions, de tous courants philosophiques et religieux ?

 

Autant de questions que nous nous sommes posées avant l’été.

 

Alors, pourquoi avoir créé le CRAFV ?

 

Nous sommes partis d’un constat : Notre communauté est souvent louée pour son intégration par le travail, la solidarité familiale qui la caractérise et par l’importance qu’elle attache à la réussite par l’éducation et le diplôme.

 

Les réussites individuelles sont souvent données en exemple. Qui ignore que nous avons parmi nous un médaillé Field, un astrophysicien/philosophe reconnu, nombre de professeurs de médecine chefs de service, un  dirigeant du CAC 40, de grands cinéastes, des écrivains, d’autres artistes encore, qui, tous, nous  honorent ?

 

Mais en tant que communauté, et par contraste avec les autres communautés, la nôtre est ignorée des pouvoirs publics car elle ne pose pas de problème et ne revendique rien. De plus, lorsqu’elle s’exprime, elle ne s’exprime pas d’une seule voix mais au travers d’associations diverses qui, parce qu’éparpillées ne sont pas entendues comme elles le mériteraient.

 

Qu’il s’agisse du débat sur la laïcité, de celui sur la déchéance de nationalité, ou encore de celui sur la réforme du code de la nationalité (droit du sang ou droit du sol), nous avons pensé que la communauté des français d’origine vietnamienne devait s’exprimer, surtout dans la situation actuelle de grande tension où le politique pourrait être amené à opposer les communautés les unes aux autres.

 

Mais elle devait s’exprimer d’une voix. Parler d’une voix ne signifie pas que le CRAFV doive confisquer le débat. Bien au contraire, chaque association doit poursuivre son travail, l’amplifier et chacune doit se renforcer au regard des objectifs qu’elle se fixe. Sans les associations existantes, le CRAFV ne peut agir efficacement car sa vocation première est de se faire le porte-parole de notre communauté pour qu’elle pèse le poids qu’elle mérite dans la communauté nationale.

 

En terme électoral, la communauté des Français d’origine vietnamienne est la plus importante au sein de la communauté asiatique. Elle doit donc pouvoir être entendue et les décideurs politiques doivent lui faire la place qu’elle mérite au sein du monde associatif, syndical et politique.

 

S’unir et se regrouper n’est pas renoncer à être soi-même mais un gage d’efficacité. Puissent nombreuses être les associations qui viendront rejoindre le CRAFV qui n’en sera alors que plus fort pour faire entendre les positions communes de chacune d’entre elles et les soutenir les unes et les autres,  lorsqu’elles en exprimeront le besoin.

 

 Le Président